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Fiscalité France

Des gilets jaunes qui voient rouge !

Cet article a été écrit par , le 30/11/2018

L’annonce d’aides à l’achat de voitures écologiquement plus « correctes » ne semble pas de nature à calmer les esprits des « gilets jaunes » et des français qui les soutenaient à la veille de la dernière manifestation parisienne.

Des gilets jaunes verts de rage !

L’automobile semble être devenue le laboratoire de l’écologie punitive. Le gouvernement, qui n’avait jusqu’à présent manifesté aucune velléité écologiste, a décrété depuis plusieurs mois une véritable croisade pour le climat, vouant aux gémonies quasiment 40 millions d’automobilistes dans l’espoir d’éviter… moins de 0,28 % d’émissions de GES au niveau de la planète. En effet, selon les chiffres du ministère de la Transition Écologique et Solidaire, la France ne serait responsable que de 0,9 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (chiffres de 2015, en baisse de 14,4 % par rapport à 1990). Selon la même source, les transports représenteraient 29 %, dont 53,7 % pour les Véhicules Légers, 20,8 % pour les Poids-Lourds, 19,2 % pour les Véhicules Utilitaires et 1,2 % pour les 2-Roues. Mais le dernier rapport du GIEC sur « Les impacts d’un réchauffement climatique global de 1,5 °C (…) », publié le 8 octobre, a fourni la parfaite excuse pour un alourdissement inédit de la taxation des carburants.

À qui la faute ?

Depuis le premier choc pétrolier, les gouvernements successifs ont soigneusement évité d’impulser et même de favoriser le développement de carburants de substitution. Le fiasco du GPL et celui de l’E85 -tant que le tarif de l’essence n’obligeait pas nos concitoyens à le mélanger à l’essence- en sont les illustrations. Il est vrai qu’ils rapportent beaucoup moins que les produits pétroliers. Les Brésiliens et les Américains roulent depuis des années à l’éthanol. Les habitants des Pays-Bas plébiscitent le GPL. Des entreprises allemandes travaillent actuellement sur des carburants de substitution à base de déchets végétaux. On nous a présenté depuis les années 2000 des carburants de substitution à base de plantes ou d’algues… qui ne sont jamais sortis des laboratoires.

Tandis que nos retraités sillonnent la campagne à bord de leurs véhicules Diesel pour porter leurs déchets verts à la déchetterie, les Allemands travaillent à leur transformation en biocarburants.

Un enchaînement de tromperies

Dans les années 1990, la Direction Générale des Matières Premières conseillait aux pouvoirs publics d’aligner progressivement le prix du gazole sur celui de l’essence, tandis que l’ADEME incitait les Français à acheter des véhicules Diesel, jugés moins polluants à l’aune d’émissions de CO2 plus faibles que celles des moteurs à essence. Retournant sa veste brutalement et sans vergogne au motif justifié des émissions de particules et de NOx, l’agence promeut désormais l’essence. Dociles, les Français sont très rapidement revenus à la raison, renversant la tendance en quelques années.
On imaginait donc que le gouvernement alignerait le prix du gazole sur celui de l’essence. Surtout un gouvernement qui, lors de la campagne électorale, n’a jamais placé l’écologie au centre de son discours. Il a fallu qu’il augmente aussi l’essence, faisant tout doucement ressortir toutes les acrimonies d’automobilistes trompés, blessés, brimés, surtaxés et même infantilisés depuis des années. Introduction du forfait stationnement, limitations à 80 km/h, nouveau contrôle technique en 2018 et durcissement en 2019, augmentation des péages, du nombre de radars, des cartes grises, des assurances, élargissement permanent du malus, augmentation drastique des taxes sur le carburant et volonté d’instaurer des péages urbains, voire désormais concession des routes à des entreprises privées : comment les automobilistes français peuvent-ils comprendre l’acharnement des gouvernements successifs -et tout particulièrement de l’actuel- sinon comme le fait qu’on a décidé de les sacrifier sur l’autel de la protection de l’environnement ?

Des annonces déconnectées

On peut douter de l’effet lénifiant du discours-fleuve d’Emmanuel macron du mardi 27 novembre, dans lequel il évoquait une nouvelle fois des mesures d’accompagnement, annonçait vouloir faire porter l’effort par les banques et les constructeurs. Mais pas de changement de cap quant aux taxes, sinon l’évocation vague d’une éventuelle TICPE flottante et dans tous les cas, après une « co-construction » de solutions en trois mois. Voilà qui n’est probablement pas ainsi de nature à satisfaire les « gilets jaunes » et leurs supporters. Depuis les choses évoluant, nous sommes passés à un moratoire sur la hausse des taxes, le temps, dit-on d’écouter, discuter et adapter discours, méthode et train de mesures.

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