Aller au contenu principale Accéder au menu
LE MÉDIA 100% DÉDIÉ À LA MOBILITÉ

Renault digital assets

Sécurité

80 km/h : punition collective !

Cet article a été écrit par , le 12/09/2018

400 radars auraient été vandalisés en juillet 2018. Ils sont désormais revêtus d’un voile pudique en attendant leur « maintenance technique ». Photo DB.

En décidant de limiter la vitesse à 80 km/h sur une énorme partie du réseau routier, le premier ministre a fait des trois-quarts des français opposés à la mesure des délinquants potentiels… et gravement entamé leur confiance.

L’été a débuté dans la sidération due à l’application de la réduction de la vitesse, renforcée par la communication des pouvoirs publics dans laquelle des scientifiques tentaient de nous faire admettre qu’en roulant plus doucement on arrive aussi vite. Sur la route, le panorama a évolué. Les nouveaux panneaux se sont affichés comme autant d’étendards de la brutalité d’une mesure contestée par les trois-quarts des français. On pouvait immédiatement voir ceux qui avaient décidé d’obtempérer, ceux qui ignoraient qu’il est permis de rouler à 90 km/h sur certains tronçons, ceux qui, lassés d’accélérer et de freiner finissaient par coller l’aiguille sur 80… pour arriver en haut des côtes à 70… et ceux qui faisaient de la résistance en ne changeant rien à leurs habitudes.
Aujourd’hui plus que jamais en France, pour qui veut respecter la nouvelle norme, le compteur est devenu le principal distracteur pour le conducteur. La crainte des voitures-radars très largement médiatisées génère des ralentissements inattendus, les panneaux signalent des radars fixes sur 40 kilomètres. Rouler est devenu plus fatigant encore et contrairement à ce que l’on a voulu nous faire croire, les temps de parcours s’allongent. Où est la sécurité ?

Chasser dans un poulailler

Les dégradations de radars ont été multipliées par quatre depuis l’adoption des 80 km/h. Photo DB.

Avec plus d’une quarantaine d’années, soit pratiquement deux générations d’antériorité, il sera extrêmement difficile à plus des trois-quarts des conducteurs d’intégrer la nouvelle limitation. Nous sommes habitués au défilement des paysages et au bruit de nos véhicules à 90 km/h. Dès que nous reprenons le volant après le moindre arrêt, la force de l’habitude nous ramène à 90 km/h et il en sera ainsi longtemps. La mesure, aussi brutale que contestée, garantit au gouvernement une manne de plusieurs années durant lesquelles les radars vont pouvoir flasher à tout-va. Il n’est pour s’en convaincre que de voir combien de temps il a fallu aux Français pour intégrer les changements de monnaies, que ce soit de l’ancien au nouveau Franc ou du Franc à l’Euro. En langage populaire, cela s’appelle chasser dans un poulailler.

Une bombe à retardement ?

Insensible à l’opinion de la presse étrangère qui décrit un pays au bord de la crise de nerfs, les gouvernements successifs serrent constamment la vis de la punition collective. Il n’est pas besoin d’être psychologue pour comprendre le danger que représente ce type de mesure, qui se conjugue au contrôle technique durci, à la hausse du prix des carburants début août et à celle déjà annoncée pour janvier 2019. La rengaine du « tout répressif » qui avait quelque peu cédé après l’élection d’un président jeune et l’apparition d’une équipe en grande partie nouvelle revient en force dans la France profonde. L’automobile pourrait être l’un des points de cristallisation des rancœurs.

Suivez-nous et likez !

Derniers articles

Dans la même rubrique

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial